Quand on pense potassium, on pense banane. Pourtant, si vous surveillez votre tension ou si votre médecin vous a conseillé de réduire le sel, c'est tout un pan de votre alimentation qui mérite le détour.

Bonne nouvelle : les aliments riches en potassium sont nombreux et ordinaires. Les légumes secs (lentilles, haricots blancs, pois chiches), les pommes de terre, les épinards, l'avocat, les fruits frais et secs (banane, abricots secs), les oléagineux, le cacao et les poissons en sont les principales sources. Le repère pour un adulte se situe autour de 3 500 mg par jour, et une alimentation riche en végétaux permet de s'en approcher.

L'intérêt principal du potassium ? Il forme avec le sodium un duo qui influence la tension artérielle, et la plupart d'entre nous consomment trop de l'un et pas assez de l'autre. Voyons comment rééquilibrer tout cela, sans rien interdire.

À quoi sert le potassium dans votre organisme ?

Le potassium est un minéral présent dans toutes les cellules de votre corps. Il participe à la transmission des signaux nerveux, à la contraction des muscles — dont le cœur — et à l'équilibre de l'eau dans l'organisme.

Avec le sodium, il forme une sorte de balance : le sodium retient l'eau et peut faire monter la tension, le potassium favorise son élimination par les reins.

C'est d'ailleurs ce que reconnaissent les allégations de santé autorisées au niveau européen, évaluées par l'EFSA (l'autorité européenne de sécurité des aliments) : le potassium « contribue au maintien d'une pression sanguine normale » et « au fonctionnement normal du système nerveux et des muscles ».

Le mot « normal » compte : un apport suffisant permet à votre organisme de bien fonctionner, ce qui est différent de faire baisser la tension comme le ferait un médicament.

De combien de potassium avez-vous besoin chaque jour ?

En France, l'ANSES (l'agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation) a fixé un apport satisfaisant de 3 500 mg par jour pour les adultes, hommes et femmes. L'EFSA retient exactement le même repère, en s'appuyant sur les effets favorables observés sur la tension artérielle et sur des études de cohorte qui associent des apports inférieurs à 3 500 mg par jour à un risque d'accident vasculaire cérébral plus élevé. L'OMS, de son côté, recommande d'augmenter les apports en potassium par l'alimentation, avec un repère du même ordre de grandeur chez l'adulte.

Trois institutions, un même ordre de grandeur : environ 3,5 g par jour, à couvrir par les aliments. Or les apports réels de la population se situent souvent en dessous de ce repère, tout simplement parce que les principales sources — fruits, légumes, légumineuses — sont les familles d'aliments que nous consommons le moins. Il n'y a donc pas de compte précis à tenir : il y a surtout de la place pour des ajouts.

Les aliments les plus riches en potassium

Les teneurs ci-dessous sont des ordres de grandeur issus de la table de composition Ciqual de l'ANSES, pour 100 g d'aliment.

AlimentPotassium pour 100 g (environ)
Abricots secsPlus de 1 000 mg
Pomme de terre cuite à l'eau ou au four400 à 550 mg
Haricots blancs, lentilles cuits300 à 450 mg
Banane350 à 400 mg
AvocatComparable à la banane

Les légumes, les légumineuses et les pommes de terre

Les légumes secs font partie des sources les plus intéressantes : les haricots blancs et les lentilles cuits en apportent de bonnes quantités, dans des portions qui sont souvent généreuses. La pomme de terre cuite à l'eau ou au four en fournit autant, voire davantage, ce qui en fait, vu sa place dans nos assiettes, un contributeur majeur au quotidien. Les épinards cuits, la blette, le fenouil ou encore le concentré de tomate sont également bien pourvus.

Les fruits, les oléagineux et quelques surprises

La banane mérite sa réputation, mais elle n'est pas seule. L'avocat fait aussi bien, et les fruits secs font mieux : les abricots secs dépassent les 1 000 mg pour 100 g — à savourer par petites poignées, car ils sont aussi concentrés en sucres. Côté oléagineux, les amandes et surtout les pistaches sont de bonnes sources. Enfin, le cacao en poudre non sucré et le chocolat noir en contiennent des quantités notables, et les poissons comme les légumes frais complètent naturellement les apports d'un repas.

Par exemple, une journée comme celle-ci vous rapproche déjà nettement du repère, sans aucun aliment rare ni coûteux :

  • le matin, un porridge et une banane ;
  • le midi, une salade de lentilles au concentré de tomate ;
  • en collation, une poignée d'amandes ;
  • le soir, une papillote de poisson avec des pommes de terre.
Une papillote de poisson ouverte avec des pommes de terre et des légumes dans un plat sur la table
Poisson et pommes de terre : un dîner simple qui contribue largement aux apports en potassium.

Potassium et tension artérielle : ce que disent les recherches

Une méta-analyse dose-réponse publiée en 2020 dans le Journal of the American Heart Association a regroupé 32 essais contrôlés randomisés portant sur une augmentation de l'apport en potassium. Résultat : la tension baisse surtout chez les personnes hypertendues, et l'effet est le plus favorable pour des apports situés environ entre 3 500 et 5 100 mg par jour.

Au-delà, la relation dessine une courbe en U : des apports très élevés ne font pas mieux, et pourraient même devenir moins favorables chez certaines personnes traitées pour l'hypertension. Autrement dit, viser le repère suffit ; en faire deux fois plus n'apporte rien.

Deux précisions honnêtes. D'une part, ces essais sont pour la plupart courts et menés avec des suppléments, pas avec des lentilles ou des bananes : leurs résultats ne se transposent pas directement à l'assiette. D'autre part, le lien entre potassium alimentaire et risque d'AVC repose sur des études de cohorte : elles montrent une association, pas une relation de cause à effet.

L'effet dépend, comme toujours, de votre alimentation globale — notamment de votre consommation de sel, car c'est bien le duo sodium-potassium qui semble compter le plus. Pour une vue d'ensemble, voyez aussi notre article sur l'alimentation et la tension artérielle.

Un mot enfin sur les sels de remplacement enrichis en potassium, que l'on voit de plus en plus en rayon. Un grand essai contrôlé randomisé mené en Chine auprès d'environ 21 000 adultes à risque cardiovasculaire élevé (étude SSaSS, publiée en 2021) a montré moins d'AVC et de décès chez les personnes utilisant un sel enrichi en potassium à la place du sel classique. C'est un résultat solide, mais obtenu dans une population particulière, très consommatrice de sel ajouté : il ne se généralise pas tel quel, et ces sels sont déconseillés en cas de maladie rénale sans avis médical.

Les idées reçues les plus fréquentes

« La banane est l'aliment le plus riche en potassium. » Non : les abricots secs, les pistaches, le cacao, les légumes secs ou le concentré de tomate font mieux à poids égal. La banane reste une source pratique, mais elle n'a pas le monopole.

« Il faut des compléments de potassium pour protéger son cœur. » Aucune recommandation d'organisme public ne va dans ce sens pour la population générale : les repères sont conçus pour être atteints par l'alimentation, et les compléments fortement dosés ne sont pas anodins.

« Plus on consomme de potassium, mieux c'est. » Non plus : la méta-analyse citée plus haut suggère une zone favorable, pas une course au maximum.

Limites, nuances et une vraie précaution

La recherche sur le potassium se heurte à une difficulté : mesurer précisément ce que les gens en consomment est compliqué, et la plupart des essais utilisent des suppléments sur quelques semaines. Les repères cités ici sont des ordres de grandeur pour la population générale, pas une prescription individuelle.

Surtout, une précaution importante : si vous vivez avec une maladie rénale chronique, ou si vous prenez certains médicaments pour la tension ou le cœur, vos reins peuvent éliminer le potassium moins facilement. Dans ce cas, n'augmentez pas fortement vos apports et n'utilisez pas de sel de remplacement enrichi en potassium sans en parler à votre médecin ou à votre pharmacien. Pour tout le monde, les compléments de potassium ne se prennent pas de votre propre initiative.

Ce que vous pouvez retenir

Le potassium se trouve dans des aliments simples : légumes secs, pommes de terre, légumes verts, fruits frais et secs, oléagineux, cacao, poissons. Le repère de 3 500 mg par jour s'atteint par des ajouts, pas par des calculs : une portion de légumineuses de plus par semaine, un fruit de plus par jour, une poignée d'oléagineux en collation.

Et comme c'est le duo sodium-potassium qui compte, chaque fois que vous remplacez un produit très salé par un végétal, vous agissez sur les deux tableaux à la fois. Dès aujourd'hui, vous pouvez par exemple glisser une boîte de lentilles ou de haricots blancs dans votre caddie : c'est un geste minuscule, mais qui va dans le bon sens.

Devant une soupe, un plat préparé ou une boîte de légumes, difficile de savoir d'un coup d'œil comment il est composé — notamment côté sel. GOUPI vous permet de scanner le code-barres d'un produit pour lire simplement sa composition, et d'enregistrer vos repas pour voir, au fil des semaines, la place que prennent les légumes et les légumineuses dans votre quotidien. L'objectif n'est pas de vous dicter vos choix, mais de vous donner les informations qui vous aident à décider.