On parle beaucoup du fer ou du magnésium, mais rarement du zinc. Pourtant, lorsque la fatigue s'installe ou que les rhumes s'enchaînent à l'automne, ce minéral revient souvent dans les conversations, et vous vous demandez peut-être si votre assiette en contient assez.

Bonne nouvelle : les aliments riches en zinc sont nombreux et faciles à trouver en supermarché. Les fruits de mer (les huîtres en tête), la viande, le foie, les fromages à pâte dure, les graines de courge, le cacao, les légumineuses et les céréales complètes en sont les principales sources.

Une alimentation variée couvre les besoins de la plupart des adultes, situés entre 7,5 et 14 mg par jour selon votre profil. Le point le plus méconnu n'est pas la quantité, mais l'absorption : certains composés végétaux, les phytates, la réduisent. Voyons comment composer avec tout cela, simplement.

À quoi sert le zinc dans votre organisme ?

Le zinc est un oligo-élément, c'est-à-dire un minéral dont votre corps a besoin en très petites quantités mais qu'il ne sait pas fabriquer. Il participe au fonctionnement de plusieurs centaines d'enzymes et intervient dans des processus très variés : renouvellement de la peau, cicatrisation, perception du goût, protection des cellules contre le stress oxydatif.

Il joue aussi un rôle reconnu dans l'immunité. Les allégations autorisées au niveau européen, évaluées par l'EFSA (l'autorité européenne de sécurité des aliments), indiquent que le zinc « contribue au fonctionnement normal du système immunitaire ».

Retenez bien le mot « normal » : un apport suffisant permet à vos défenses de fonctionner correctement, ce qui est différent de les « booster » au-delà de la normale. Nous y reviendrons.

De combien de zinc avez-vous besoin chaque jour ?

En France, l'ANSES (l'agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation) a fixé des références nutritionnelles qui dépendent de votre consommation de phytates. Les phytates sont des composés naturellement présents dans les céréales complètes et les légumineuses, qui se lient au zinc dans l'intestin et réduisent son absorption.

ProfilRéférence ANSES
Femmes adultesEntre 7,5 et 11 mg par jour
Hommes adultesEntre 9,4 et 14 mg par jour

Plus votre alimentation est riche en phytates — par exemple si vous mangez beaucoup de produits céréaliers complets et de légumineuses, comme c'est souvent le cas dans une alimentation végétarienne — plus la référence est élevée, pour compenser une absorption moindre. Ce n'est pas une raison de réduire ces aliments, qui restent très intéressants pour la santé : c'est une invitation à soigner la variété et quelques techniques de préparation.

Les aliments les plus riches en zinc

Les teneurs ci-dessous sont des ordres de grandeur issus de la table de composition Ciqual de l'ANSES, pour 100 g d'aliment.

AlimentZinc pour 100 g (environ)
Huîtres20 mg
Bœuf mijoté8 à 9 mg
Graines de courge7 à 8 mg
Fromages à pâte dure (comté, emmental)4 à 5 mg
Légumineuses cuites1 à 1,5 mg
Œuf1 mg

Les sources animales, les mieux absorbées

Les huîtres sont, de loin, l'aliment le plus riche en zinc : environ 20 mg pour 100 g, soit plus que le besoin quotidien d'un adulte. Viennent ensuite les viandes mijotées de bœuf, le foie, le crabe et les crevettes, puis les fromages à pâte dure comme le comté ou l'emmental, et les œufs. Le zinc d'origine animale est globalement bien absorbé, car les protéines animales favorisent son assimilation.

Les sources végétales, à connaître si vous mangez peu de viande

Côté végétal, les graines de courge se distinguent, suivies du cacao en poudre non sucré, du germe de blé et des noix de cajou. Les légumineuses cuites (lentilles, pois chiches, haricots) en apportent moins, et le pain complet davantage que le pain blanc. Les quantités paraissent modestes, mais elles s'additionnent au fil de la journée.

Par exemple, une journée avec du pain complet au levain le matin, une poignée de graines de courge sur une salade de lentilles le midi, une portion de fromage et un carré de chocolat noir couvre déjà une bonne partie des besoins, sans aucun aliment exotique.

Comment améliorer l'absorption du zinc ?

C'est ici que se joue l'essentiel, surtout si vos sources de zinc sont majoritairement végétales. Trois gestes simples réduisent l'effet des phytates sans rien supprimer de votre alimentation :

  • le trempage : laisser tremper les légumineuses plusieurs heures avant cuisson (puis jeter l'eau de trempage) diminue leur teneur en phytates ;
  • la fermentation : le pain au levain, grâce à sa fermentation longue, contient moins de phytates que le même pain à la levure, pour une meilleure disponibilité des minéraux ;
  • la variété : associer dans un même repas une source végétale de zinc et une source de protéines animales (un peu de fromage sur les lentilles, un œuf avec la salade) favorise l'absorption globale.
Des pois chiches en train de tremper dans un grand bocal d'eau sur un plan de travail
Le trempage des légumineuses réduit leurs phytates et facilite l'absorption du zinc.

Vous remarquerez la logique : il s'agit d'ajouter et de préparer autrement, pas d'interdire. Les céréales complètes et les légumineuses restent associées, dans de grandes études de cohorte, à de nombreux bénéfices pour la santé, notamment grâce à leurs fibres.

Zinc et immunité : ce que disent vraiment les recherches

Une carence avérée en zinc affaiblit les défenses immunitaires : ce point est bien établi. De là à conclure que prendre du zinc en plus protège des infections, il y a un pas que la recherche ne permet pas de franchir.

Une revue systématique Cochrane publiée en 2024, qui a analysé les essais contrôlés randomisés disponibles sur le zinc en complément, conclut que le zinc n'a probablement que peu ou pas d'effet pour prévenir le rhume. Il pourrait raccourcir légèrement la durée des symptômes une fois le rhume installé, mais le niveau de preuve est jugé faible et les résultats varient beaucoup d'une étude à l'autre.

Autrement dit : couvrir vos besoins par l'alimentation est utile ; attendre d'une « cure » de zinc qu'elle vous évite les rhumes de l'hiver ne repose pas sur des preuves solides. Pour une vue d'ensemble, voyez notre article sur l'immunité et l'alimentation.

À l'inverse, les compléments fortement dosés pris au long cours ne sont pas anodins : un excès de zinc peut notamment perturber l'absorption du cuivre. Si vous envisagez une supplémentation, parlez-en à votre médecin ou à votre pharmacien, surtout si vous prenez déjà d'autres compléments.

Les idées reçues les plus fréquentes

« Plus on prend de zinc, mieux l'organisme fonctionne. » Non : au-delà des besoins, le surplus n'apporte pas de bénéfice démontré et peut créer des déséquilibres.

« Il faut une cure de zinc chaque automne. » Aucune recommandation d'organisme public ne va dans ce sens pour la population générale.

« Les végétariens sont forcément carencés. » Non plus : leurs besoins de référence sont plus élevés à cause des phytates, mais une alimentation végétarienne variée, avec légumineuses trempées, pain au levain, graines, oléagineux, fromages et œufs, peut tout à fait couvrir ces besoins.

Limites et nuances

Le statut en zinc est difficile à mesurer précisément : le dosage sanguin reflète mal les réserves de l'organisme, ce qui complique la recherche sur le sujet. Par ailleurs, la plupart des études d'intervention portent sur des compléments, pas sur des aliments, et leurs résultats ne se transposent pas directement à l'assiette.

Enfin, les besoins varient selon l'âge, le poids et l'alimentation globale : les chiffres cités ici sont des repères pour la population générale, pas une prescription individuelle. En cas de doute sur une carence, le bon réflexe reste d'en parler à un professionnel de santé.

Ce que vous pouvez retenir

Le zinc se trouve dans des aliments du quotidien : fruits de mer, viande, fromages, œufs, graines de courge, cacao, légumineuses et céréales complètes. Une alimentation variée suffit dans la grande majorité des cas, et quelques habitudes simples — pain au levain, trempage des légumineuses, repas qui mélangent sources animales et végétales — améliorent son absorption.

Dès aujourd'hui, vous pouvez par exemple ajouter une cuillère à soupe de graines de courge sur votre salade ou votre soupe : un geste minuscule, mais qui va dans le bon sens.

Repérer les produits intéressants au supermarché n'est pas toujours évident. GOUPI vous permet de scanner le code-barres d'un produit pour lire simplement sa composition, et d'enregistrer vos repas pour suivre vos habitudes au fil des semaines. L'objectif n'est pas de vous dicter ce que vous devez manger, mais de vous aider à mieux comprendre ce que vous mettez dans votre caddie.